Le répertoire non traditionnel (1840-1939) chez les musiciens routiniers

Le cas du Massif central

 

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(Publié le 25 novembre 2022 ; dernière mise à jour le 1er décembre 2022)

 

 

Il est actuellement admis que, pour le domaine français, le répertoire des musiciens routiniers (c’est-à-dire apprenant de routine, à l’oreille) du XXe siècle était généralement composite, constitué à la fois d’airs traditionnels, anciens et anonymes, et d’airs plus récents provenant généralement de Paris (la présence de compositions des musiciens eux-mêmes est également avérée mais reste difficilement quantifiable). Toutefois, si la présence de ce répertoire essentiellement parisien, « savant » mais populaire, ne fait aucun doute chez les musiciens de tradition, et ce quelle que soit l’aire culturelle concernée, il semble que peu d’études tentent d’en donner une vision quantitative. On retrouve par ailleurs la même diversité chez les chanteuses et chanteurs de tradition1.

 

En 2019, Michel Esbelin et moi-même avons publié l’album « Le Lilas Blanc »2 consacré aux chansons de café-concert de la Belle Époque qui ont été intégrées dans le répertoire de bal musette des Auvergnats de Paris. Dans la continuité de ce travail, il m’a semblé intéressant d’élargir ces recherches en tentant de dresser un inventaire du répertoire non traditionnel chez les musiciens routiniers originaires du Massif central, en considérant à la fois les musiciens restés « au pays » et ceux qui ont séjourné à Paris, de façon plus ou moins prolongée. L’aire culturelle retenue ici se compose de huit départements : le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Haute-Loire, l’Aveyron, la Lozère, la Corrèze, la Haute-Vienne et la Creuse.

 

Notons que, si ce travail vise l’exhaustivité, il reste tributaire des collectes qui ont pu être effectuées. En outre, des mélodies apparaissant dans les collectages, probablement non traditionnelles, n’ont pas pu être identifiées à l’heure actuelle. La grande majorité du répertoire identifié se compose de chansons (café-concert, music-hall, opérette, opéra-comique...) qui étaient reprises de façon instrumentale par les musiciens routiniers. Avant 1920, les autres mélodies proviennent du répertoire de piano (musique de salon), du répertoire de fanfare (musique de kiosque) et, chez quelques violoneux, du répertoire "viennois" ; ces mélodies instrumentales à danser sont parfois regroupées à l'époque sous l'expression "musique légère". Après 1920, seules quatre mélodies ne sont pas des chansons et sont issues du répertoire musette instrumental. À de très rares exceptions près, les mélodies de cet inventaire sont des airs à danser ou, dans quelques cas, modifiés par les musiciens pour être dansés.

 

Pour les années 1930, j’ai choisi d’écarter volontairement de ce corpus les premières compositions « néofolkloriques », c’est-à-dire les mélodies ayant un lien avec le Massif central mais esthétiquement marquées par le musette parisien, écrites par les musiciens auvergnats eux-mêmes. Ce sont principalement des airs écrits par Martin Cayla mais on trouve également des compositions de Jean Ségurel (« Bruyères Corréziennes », 1936) ou de Jean Vaissade (« Auvergne Jolie », 1939)3. L’objectif initial de cet inventaire était de répondre à la question suivante : du point de vue musical, qu’est-ce qui intéresse les musiciens routiniers en dehors de leur milieu d’origine ? C’est pourquoi les mélodies de néofolklore ne figurent pas dans cet inventaire bien que leur présence soit loin d’être négligeable dans les collectes des années 1960 à 1990.

 

Cet inventaire reste en perpétuelle évolution, merci de me signaler une mélodie non traditionnelle antérieure à 1940 identifiée dans les collectes mais non mentionnée ici, ou des interprètes non cités. Je remercie chaleureusement toutes les personnes m’ayant aidé à établir cet inventaire ou ayant échangé avec moi sur le sujet : Cédric Bachèlerie, Agnès Bidard, Jean Blanchard, Basile Brémaud, Christophe Burg, Henri Chamoux, Laurence Dupré, Françoise Etay, Michel Esbelin, François Gasnault, Samuel Gauthier, Yvon Guilcher, Jean-François "Maxou" Heintzen, Pierre et Nicole Ladonne, Sophie Levain, Olivier Nègrerie, Catherine Perrier, Vincent Prat, Jacques Puech, Claude et Josette Quintard, Caterina Sangineto, Agnès Unterberger.

 

 

Tiennet Simonnin

 

 

1. Lire à ce sujet l’article de Catherine PERRIER : Louise Reichert et ses chansons, II. Les chansons « modernes » en français, Pastel n°55, 2005

2. Michel ESBELIN et Tiennet SIMONNIN : Le Lilas Blanc, Mélodies des bals musette de la Belle Époque, AEPEM, 2019

3. J’ai toutefois conservé dans cet inventaire une chanson de Martin Cayla, « Adieu ! la fleur de la jeunesse », et deux chansons de Jean Vaissade, « Berceuse du rêve bleu » et « Sombreros et Mantilles », ces chansons n’ayant aucun rapport particulier avec le Massif central, ni dans la forme musicale, ni dans les paroles.

 

 

 

Webographie

 

Base inter-régionale patrimoine oral : http://patrimoine-oral.org

 

Base de données de l’EHESS : https://didomena.ehess.fr

 

Archives départementales de la Haute-Loire : https://archives43.fr

 

Réseau d’archives et de documentation de l’oralité : https://raddo-ethnodoc.com

 

Michel Meilhac, un violoneux à part : http://edinum.free.fr/Meilhac/mm1.html

 

Catalogue général de la BNF : https://catalogue.bnf.fr

 

Du temps des cerises aux feuilles mortes : http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net

 

Archive ouverte HAL : https://hal.archives-ouvertes.fr

 

Le temps des chansons : https://www.letempsdeschansons.fr

 

Phonobase : http://www.phonobase.org

 

Archives ULB Münster : https://www.ulb.uni-muenster.de

 

Archives de l’Université du Maine : https://digitalcommons.library.umaine.edu

 

Proscitec : https://proscitec.asso.fr

 

 

 

Bibliographie

 

Basile BRÉMAUD : Acquisition et recréation musicales par les violoneux d’Auvergne et du Limousin, mémoire de DEM, 2003

 

Olivier DURIF : Le violon populaire en Massif central, 1993

 

Pierre LADONNE : Recueil de morceaux auvergnats traditionnels, 2001

 

Martin PÉNET : Mémoire de la Chanson, 1100 chansons du Moyen-Age à 1919, Omnibus, 1998

 

Martin PÉNET : Mémoire de la Chanson, 1200 chansons de 1920 à 1945, Omnibus, 2004

 

André RICROS & Eric MONTBEL : Bouscatel, le roman d’un cabretaire, suivi de Vie des cabretaires d’Auvergne, créateurs des bals musette de Paris, Auvergne Diffusion, 2012.

 

André RICROS et Eric DESGRUGILLERS : Joseph Ruols, AMTA, 2016

 

Agnès UNTERBERGER : Victor Alard, Musicien ambulant, collection mémoires n°18, Société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne » / AEPEM, 2018

 

 

 

Autres sources

 

Entretiens ou collectages auprès de :

 

- Robert Arribat (enquêteur : Michel Esbelin)

 

- Jean Bergheaud (enquêteur : Eric Montbel)

 

- Adrien Bras (enquêteur : Marcel Pelat)

 

- Michel Esbelin (enquêteur : Tiennet Simonnin)

 

- Pierre Ladonne (enquêteur : Tiennet Simonnin)

 

- Guillaume Malbert (enquêteurs : Eric Montbel et André Ricros)

 

- Claude Quintard (enquêteurs : Michel Esbelin et Tiennet Simonnin)

 

- René Saget (enquêteur : Michel Esbelin)

 

- Claude Séguret (enquêteur : Michel Esbelin)

 

Discographie des musiciens cités

 

Fonds Vincent Prat

 

 

 

 

 

Petits formats et grands formats : coll. Tiennet Simonnin, sauf :

 

- Belleville-Ménilmontant, Polka des oiseaux, Le petit duc, L’amant d’Amanda, La valse de Faust : coll. BnF

 

- Maman la Violette, Sous les ponts de Paris : coll. Olivier Nègrerie

 

- Ah ! Ma P’tite Lili : coll. Michel Esbelin

 

- Varsoviana : coll. ULB Münster

 

- Perles de cristal : coll. Musée des ATP de Wattrelos

 

- I wonder who’s kissing her now, Tesoro mio : coll. The University of Maine

 

 

 

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